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Un week-end entre amis à Berlin

Presque dix ans après mon dernier passage à Berlin – un voyage scolaire au lycée – me voilà retour fin février dans la capitale allemande pour un week-end avec Inès et un couple d’amis. Pour eux, c’est une première. Pour moi, c’est la troisième visite, mais avec ce mélange d’excitation et de curiosité que procure une ville dont on garde des souvenirs un peu flous.



Samedi 21 février 2026 – 9h30 :

Berlin a cette réputation de ville à l’histoire lourde mais à l’énergie très contemporaine. Une ville qui ne ressemble à aucune autre en Europe. Et cette première journée va très vite le confirmer.


Nous avons entamé notre (re)découverte de la ville à Potsdamer Platz. Difficile d’imaginer qu’il y a trente ans à peine, cet endroit n’était qu’un immense terrain vague coincé entre les deux côtés du mur. Un morceau du Mur de Berlin est d’ailleurs toujours visible ici. Construit en août 1961 par l’Allemagne de l’Est (RDA), pour empêcher les habitants de fuir vers l’Ouest, il a coupé la ville en deux pendant 28 ans avant de tomber le 9 novembre 1989, l’un des événements les plus marquants de la fin du XXème siècle.



Aujourd’hui, le quartier symbolise la renaissance de la capitale allemande. Le spectaculaire dôme du Sony Center domine les lieux. Cette immense structure de verre et d’acier ressemble à une tente futuriste. L’endroit est très moderne, presque cinématographique.



Un peu plus loin, nous sommes tombés sur plusieurs statues d’ours décorés. L’ours est le symbole de Berlin depuis des siècles – il figure sur les armoiries de la ville. L’un d’eux a attiré notre regard : une version ours de la Statue de la Liberté dans l’enceinte de l’ambassade américaine.



Nous avons ensuite marché jusqu’au Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe. Il est composé de 2711 stèles de béton de différentes hauteurs. En s’y promenant, les blocs deviennent progressivement plus hauts et l’on se retrouve presque englouti dans ce labyrinthe gris. L’architecture est volontairement déroutante, pour évoquer le vertige et la perte de repères.



Quelques minutes plus loin apparaissait devant nous l’un des symboles de la ville : la Porte de Brandebourg. Construite à la fin du XVIIIe siècle, elle était autrefois l’entrée monumentale de Berlin. Pendant la guerre froide, elle se trouvait juste à côté du mur, inaccessible et figée dans le no man’s land entre les deux Allemagne. Petite anecdote historique : lorsque Napoléon Bonaparte a occupé Berlin en 1806, il a fait démonter et emmener à Paris la statue du quadrige qui surplombe la porte. Elle sera finalement restituée quelques années plus tard.



Nous avons continué sur Unter den Linden, la grande avenue historique qui traverse Berlin. Nous ne lui avons pas trouvé énormément de charme aujourd’hui. Beaucoup de bâtiments ont été reconstruits après la guerre dans un style assez austère typique de la RDA. Mais on y trouve quelques boutiques emblématiques, comme la Maison Nivea ou un magasin Ampelmann.



Ampelmann est d’ailleurs un symbole très berlinois : ce petit bonhomme au chapeau vient des feux de signalisation de la RDA. Après la réunification, les habitants se sont battus pour conserver ce design devenu culte.



Pour le déjeuner, nous avons pris la direction de Witty’s Currywurst. La Currywurst est probablement la street-food la plus emblématique de Berlin : une saucisse grillée coupée en morceaux, nappée de ketchup et de curry en poudre. La recette aurait été inventée en 1949 par une Berlinoise qui aurait mélangé du ketchup et du curry obtenu auprès de soldats britanniques. Depuis, le plat est devenu une véritable institution : on estime qu’il s’en vend plus de 800 millions par an en Allemagne.



Sur notre chemin, nous n’avons pas pu résister à la boutique Ritter Sport. La marque allemande est célèbre pour ses tablettes de chocolat carrées, un format inventé dans les années 1930 pour qu’elles puissent rentrer dans une poche de veste de sport. La boutique propose des dizaines de saveurs et même une fontaine de chocolat.



Nous avons poursuivi notre balade dans le centre avec une pause café chez Einstein Kaffee, une institution berlinoise parfaite pour souffler un peu.


Nous nous sommes ensuite rendus dans le quartier gouvernemental, où se trouve notamment la Chancellerie fédérale allemande, mais surtout le Reichstag, qui abrite le parlement du pays.



Le bâtiment a connu une histoire particulièrement mouvementée : incendié en 1933 dans un événement utilisé par les nazis pour consolider leur pouvoir, gravement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis laissé à l’abandon pendant la division de la ville. Après la réunification, il est devenu le siège du parlement allemand. L’architecte Norman Foster y a ajouté une spectaculaire coupole de verre accessible au public.



Depuis le sommet, la vue sur Berlin est superbe – et la transparence du dôme symbolise l’idée d’un pouvoir politique ouvert aux citoyens.



Un lieu qui résume à lui seul une grande partie de l’histoire allemande et de la ville.


Nous avant ensuite été voir le Berliner Dom, l’impressionnante cathédrale protestante de la ville, construite à la fin du XIXe siècle par les empereurs allemands.



Juste à côté s’élève la célèbre Fernsehturm. Avec ses 368 mètres, cette tour de télévision, visible dans toute la ville, a été  construite par la RDA et reste le plus haut bâtiment d’Allemagne.



Nous sommes ensuite arrivés sur Alexanderplatz, grande place emblématique de l’ancien Berlin-Est. En son centre trône l’horloge mondiale, qui affiche les fuseaux horaires de nombreuses villes – un spot photo incontournable !



Dans les rues voisines, nous avons découvert plusieurs boutiques et concept stores très sympas : Schoenhauser Design, Spreeheidi, ou encore Schee. Ils mêlaient décoration, souvenirs et créations locales. Je suis même reparti avec un kit pour préparer une Currywurst à la maison.



Notre marche nous a conduit au Pawn Dot Com Bar. Le bar proposait un concept très sympa : chaque cocktail était accompagné d’un petit snack pensé pour aller avec la boisson. Inès a choisi le Blue Lavender, tandis que je me suis laissé tenter par un délicieux Soft Bitter Society, servi avec des olives marinées à l’orange.



Pour le dîner, nous nous sommes rendus chez Schnitzelei Mitte. L’occasion de goûter un grand classique : le Wiener Schnitzel, escalope panée originaire d’Autriche et très populaire en Allemagne. Elle était servie avec des pommes de terre parfaitement croustillantes. Une cuisine simple, réconfortante, parfaite pour conclure cette première et riche journée berlinoise !



Dimanche 22 février 2026 – 10h15 :

Après une première journée bien remplie à travers les grandes institutions et les symboles historiques de Berlin, cette deuxième journée a été volontairement plus « tranquille ».


Nous avons commencé la matinée par l’emblématique Église du Souvenir. Construite à la fin du XIXe siècle, elle a été lourdement bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale. Plutôt que de la reconstruire entièrement, les Berlinois ont choisi de conserver sa tour détruite telle quelle, comme un mémorial contre la guerre.



À 11h, nous avons pris la direction de Brunch By Sole. Si le service était assez lent, nous avons passé un bon moment et bien mangé. Au menu : clubs sandwichs, English breakfast ou encore croissant au saumon, accompagnés de jus frais et de boissons chaudes. Une belle oeuvre de street art rendant hommage à la ville se trouvait juste en face du restaurant.



Nous avons poursuivi notre journée dans un lieu marquant de Berlin : Topographie des Terrors. Le musée  est installé exactement là où se trouvaient autrefois les sièges de la Gestapo et de la SS sous le régime nazi. Autrement dit, l’un des cœurs du système de terreur de l’époque. L’exposition – gratuite – est remarquablement bien faite. Elle retrace la montée du nazisme, le fonctionnement de l’appareil répressif et les mécanismes qui ont permis l’installation de la dictature. À l’extérieur, on peut également voir un long tronçon du Mur de Berlin qui longe le site. Un rappel supplémentaire des couches d’histoire qui se superposent dans cette ville.



Quelques rues plus loin se trouvait le célèbre Checkpoint Charlie. Pendant la guerre froide, c’était l’un des principaux points de passage entre Berlin-Ouest et Berlin-Est. Aujourd’hui, le lieu est devenu très touristique, avec des boutiques de souvenirs et… un contraste assez étonnant entre l’histoire du lieu et la présence d’un McDonald’s ou d’un KFC juste à côté.



Pour terminer le week-end, nous avons rejoint l’East Side Gallery. Il s’agit du plus long morceau encore debout du Mur de Berlin, long d’environ 1,3 kilomètre. Juste après la chute du mur en 1989, des artistes du monde entier sont venus le recouvrir de fresques.



Certaines sont devenues très célèbres, comme la Trabant qui semble traverser le mur ou la fresque représentant le baiser entre Leonid Brejnev et Erich Honecker, inspirée d’une vraie photo prise en 1979. Le contraste entre cet ancien symbole de division et ces œuvres colorées est toujours aussi frappant.


Il était alors déjà l’heure pour nous de nous rendre à l’aéroport pour rentrer à Paris.


Berlin reste une ville assez unique : parfois austère, souvent surprenante, marquée par sa lourde histoire mais aussi tournée vers le futur. Ce week-end nous aura aussi permis de profiter de ses cafés, de sa street food et de ses quartiers vivants. Une chose est sûre : même après trois visites, j’ai toujours l’impression qu’il reste beaucoup à découvrir ici !

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