Château La Coste : quand l'art rencontre la vigne
- J'irai où tu iras
- il y a 2 jours
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Il y a quelques jours, nous avons pris la route avec la famille d’Inès pour découvrir un endroit qui piquait ma curiosité : le Château La Coste, à une vingtaine de minutes d’Aix-en-Provence. Le programme avait tout pour me plaire : une balade au cœur d’un domaine provençal mêlant art contemporain, architecture, nature et gastronomie. Je ne connaissais pas particulièrement le travail de l’architecte japonais Tadao Ando, qui a largement participé à la transformation du lieu, mais j’étais curieux de découvrir cet endroit assez unique où les œuvres ne sont pas enfermées dans un musée, mais se découvrent au fil d’une promenade entre vignes, pins et collines provençales.

Le domaine a une histoire assez particulière. À l’origine, il s’agit d’un vignoble comme il en existe beaucoup dans la région. C’est au début des années 2000 que tout change, quand Patrick McKillen, un homme d’affaires et collectionneur irlandais, tombe sous le charme du lieu lors d’un séjour en Provence. Il décide alors de racheter le domaine de 200 hectares et d’y développer une idée un peu folle : faire cohabiter sur un même espace la vigne, l’architecture contemporaine et des œuvres d’art installées en pleine nature.

Pour donner vie à ce projet, Patrick McKillen fait appel à des artistes et architectes qu’il admire — parmi lesquels Jean Nouvel, Frank Gehry, Oscar Niemeyer ou encore Tadao Ando — et le domaine se transforme progressivement en un parcours à ciel ouvert, où les installations viennent s'entremêler aux vignes.
C'est la première partie de ce parcours Art & Architecture que nous avons empruntée à notre arrivée en fin de matinée. Elle nous a permis de découvrir une première trentaine d’œuvres disséminées sur le domaine ainsi que plusieurs pavillons d’exposition. J’ai particulièrement aimé le fait que l’expérience soit très immersive. Certaines œuvres se traversent, d’autres invitent à entrer dedans ou à les toucher. L’art se mêlait vraiment au paysage viticole et forestier, sans jamais donner l’impression de dénaturer le lieu. Et puis la balade en elle-même était très agréable. Nous avancions tranquillement à l’ombre des arbres, entre les vignes, avec ce calme très provençal qui donnait l’impression d’être un peu hors du temps.
Parmi mes coups de cœur de la matinée, il y a eu :
Origami Benches (2011), des bancs inspirés par l'art traditionnel japonais du pliage de papier et dessinés par Tadao Ando, dont l'une des ouvertures offre un point de vue original sur la forêt environnante
Psicopompos (2011), une œuvre de Tinga formée à partir d'aimants puissants qui me faisait penser au monde de la mine
Oak Room (2009), une œuvre nichée dans une cavité et signée Andy Goldsworthy qui rassemble près de 1 200 pièces de bois de différentes tailles
Silver Room (2017), une installation inspirée des maisons traditionnelles du Vietnam créée par Tia-Thuy Nguyen qui m'évoquait une cabane idéale pour se détendre en forêt
Rail Car (2022), une surprise inattendue, car j'ignorais que Bob Dylan faisait aussi de l'art visuel. Ce wagon pas comme les autres rend hommage à l'environnement minier et industriel dans lequel l'artiste a grandi aux États-Unis.
La Chapelle (2011) réhabilitée par Tadao Ando et accompagnée de La Grande Croix Rouge (2008) en verre de Murano, matériau signature de l'artiste Jean-Michel Othoniel.
Cette balade nous avait bien ouvert l’appétit. Pour le déjeuner, nous nous sommes attablés dans l'un des 6 restaurants du domaine : La Terrasse. Le cadre était charmant et faisait penser à une petite place provençale avec sa fontaine et ses tables installées à l'ombre. Nous avons partagé une planche de charcuterie, accompagnée d’un verre de vin blanc du domaine, puis savouré un gravlax de saumon ou des samosas aux légumes. Mention spéciale pour le gâteau au chocolat en dessert, vraiment délicieux !
L’après-midi, nous avons poursuivi la visite avec le reste du parcours Art & Architecture et plusieurs autres œuvres qui m’ont marquées :
Les plate paintings de Julian Schnabel qui associent peinture et bris d'assiettes
Flower of Life (2023), de Tia-Thuy Nguyen, qui redonne symboliquement vie à un arbre mort grâce à des feuilles en acier
Mater Earth (2023) de Prune Nourry, une installation imposante et déroutante représentant une femme enceinte allongée dans l'herbe
Le Pavillon de Musique (2008) du célèbre architecte américano-canadien Frank Gehry, à qui l’on doit notamment la Fondation Louis Vuitton à Paris ou encore le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles
ELECTRA (1995) une sculpture monumentale de six mètres imaginée par le designer australien Marc Newson
Nous avons passé une très belle journée à arpenter le domaine du Château La Coste et à découvrir ses nombreux trésors, entre œuvres monumentales, architecture et paysages provençaux. Le lieu a aussi ce côté vivant particulièrement agréable : les expositions temporaires changent régulièrement, de nouvelles installations voient le jour et le domaine semble constamment évoluer. Une très belle parenthèse provençale qui réunissait finalement beaucoup de choses que j’aime : l’art, la bonne chère et la nature !
PS : Au moment d’écrire ces lignes, j’ai découvert que l’une des œuvres les plus emblématiques du domaine, Small Crinkly (1976), un mobile d’Alexander Calder, venait de faire son retour après restauration. C’est l’un de nos artistes préférés avec Inès depuis notre découverte de son travail à Washington. Une très bonne excuse pour revenir au Château La Coste ! En attendant, nous pourrons toujours nous "consoler" avec la grande exposition consacrée à l’artiste à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au mois d’août — j’ai hâte d’aller la découvrir.




























































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