Immersion aux origines du Sri Lanka dans le Triangle culturel
- J'irai où tu iras
- il y a 6 jours
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Il y a des voyages qui commencent bien avant le décollage. Ce périple au Sri Lanka en faisait clairement partie. Prévu depuis plusieurs semaines, mon départ a bien failli ne jamais avoir lieu. L'explosion fin février des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui bouleversaient les trajets aériens, et un bug du système des visas électroniques sri-lankais (ETA) m'ont obligé à m'adapter à la dernière minute. Il m'était cependant impossible de renoncer à ce premier grand voyage solo, qui devait être autant un défi personnel qu'une parenthèse exceptionnelle sur "l'île resplendissante".

Samedi 7 mars 2026 – 11h45 :
J'ai changé mes vols seulement quatre jours avant mon départ, afin d'éviter d'avoir une correspondance à Dubaï. C'est donc avec Air India et une escale à Delhi que j'ai pris la direction du Sri Lanka. Le premier vol durait près de 9 heures, un délai rallongé pour contourner la zone de conflit au Moyen-Orient. Dans la nuit, à l’approche de l’Inde, j'ai jeté un œil à l’écran de mon siège. Quelques noms familiers apparaissaient : Udaipur, Jaipur, ou encore Agra. De très beaux souvenirs de notre voyage avec Inès trois ans et demi plus tôt me sont alors immédiatement remontés.

Dimanche 8 mars 2026 – 3h :
Mon arrivée à Delhi ne s'est pas déroulée sans stress. À cause du retard de mon premier vol, j'ai littéralement dû sprinter dans l’aéroport en pleine nuit, et sans trop de signalisation, pour attraper ma correspondance. Heureusement, mon second vol a lui aussi eu un peu de retard. Suffisamment pour ne pas le rater.

Après quatre heures de vol à dormir, j'ai enfin atterri, en début de matinée, à Colombo, au Sri Lanka. Première mission sur place : régler ce fameux problème de visa. Après quelques démarches à l’aéroport, tout finit par rentrer dans l’ordre. J'ai ensuite retiré un peu de liquide, avant de prendre un taxi pour Dambulla, première étape de mon voyage.

Les trois heures de route ressemblaient à un voyage dans le voyage et ont filé à toute vitesse. Bus colorés, tuk-tuks, petites échoppes le long de la route, rizières, palmiers et montagnes se succédaient, ponctués de singes curieux ici et là.

Une fois arrivé à ma guest house (maison d'hôte) à Dambulla, le Menara Green Inn, j'ai été accueilli par un propriétaire aux petits soins. Il m'avait préparé une citronnade bien fraîche qui était parfaite pour me désaltérer après ce long trajet. J'ai ensuite pris le temps de me reposer un peu avant de partir découvrir les environs.

J'ai ensuite été déjeuner au Baappa’s Tasty Roti, un petit restaurant familial niché dans un jardin. J'y ai goûté à mon premier vrai plat sri-lankais : le kottu. C'est incontournable de la cuisine locale, préparé à base de morceaux de roti (pain plat) finement coupés, mélangés avec des légumes, des œufs et de la viande – ici du poulet – le tout sauté sur une plaque chaude avec des épices. Un plat parfumé et réconfortant, qui était une entrée en matière parfaite à la cuisine sri-lankaise !
L'après-midi, je me suis rendu aux grottes de Dambulla, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. En chemin, sur le bord de la route principale, j'ai eu la surprise de croiser plusieurs macaques à toque, une espèce endémique du Sri Lanka.
Une immense statue dorée de Bouddha en position assise, d'une hauteur de 30 mètres, accueille les visiteurs dès l'entrée. Après avoir eu un peu de difficulté à trouver l'endroit où acheter mon ticket, j'ai entamé l'ascension des quelques centaines de marches qui me séparaient des grottes. Heureusement, le chemin était en grande partie ombragé, ce qui n'était pas de refus face à la chaleur humide.
La montée valait largement l'effort, car la vue sur la région était magnifique. La visibilité était si bonne que j'ai même pu apercevoir au loin les silhouettes des deux célèbres rochers de Sigiriya, que je visiterai quelques jours plus tard.
Les cinq grottes de Dambulla forment l’un des sites bouddhistes les plus anciens et les mieux conservés du pays. Son histoire remonte au Ier siècle avant J.-C., lorsque qu'un roi, chassé de son trône, trouva refuge dans ces grottes pendant son exil. Une fois revenu au pouvoir, il les transforma en temple pour remercier les moines qui l’avaient protégé. Creusées dans la roche et aménagées au fil des siècles, elles servent à la fois de lieu de culte, de méditation et de pèlerinage, et ont été enrichies par différents souverains, chacun y ajoutant statues et peintures. Ces grottes abritent aujourd’hui des dizaines de représentations de Bouddha ainsi que des fresques murales parfois vieilles de plus de 2 000 ans, couvrant plafonds et parois.
L'ensemble est très impressionnant, à la fois par sa richesse artistique et par son état de conservation. J'ai eu la chance de le visiter en étant quasi seul, dans une atmosphère paisible, presque hors du temps. Le silence n'était troublé que par quelques fidèles venus déposer des fleurs de lotus violettes en guise d'offrande.
Pour clôturer en beauté ma première journée au Sri Lanka, je suis allé dîner au Sundaras Jungle Restaurant & Pool BAR, un restaurant d'hôtel où l'on se détend presque les pieds dans l'eau. J'y ai siroté un délicieux cocktail aux fruits de la passion à base d'arrack, un alcool local distillé à partir de la sève de cocotier et au goût proche du rhum. Il a accompagné parfaitement mon poulet croustillant à la sauce aigre-douce et mon riz à l'ail - une recette savoureuse que j'ai très envie de reproduire à Paris !
Lundi 9 mars 2026 – 9h :
Mon premier réveil sri-lankais a été marqué par une vraie immersion dès le petit-déjeuner dans le jardin de ma guest house. Mon hôte m'avait préparé un festin typiquement local : un plateau de fruits frais (banane, pastèque, papaye, mangue), du thé noir, un dhal de curry de lentilles (et oui, on en mange dès le matin ici !), ainsi que des hoppers et egg hoppers. Cette crêpe fine en forme de bol est une autre spécialité incontournable du Sri Lanka. Elle est réalisée à partir d’une pâte de farine de riz fermentée et de lait de coco. Ses bords sont croustillants, son coeur plus moelleux. Dans la version egg hopper, un œuf est cuit directement au centre.

Après ce petit-déjeuner copieux, mon hôte m'a gentiment déposé au bord de la route principale. J'ai à peine eu le temps de descendre de son tuk-tuk qu’un bus est arrivé à toute vitesse. Mon hôte a alors crié “Matale !” (le nom de ma destination), et un contrôleur m'a fait signe de monter. J'étais encore en train de grimper les marches quand le bus s'est mis à redémarrer en trombe. Je ne suis pas tombé et venais donc de réussir mon baptême des bus sri-lankais !
Lorsque je me suis assis, j'ai réalisé que j'étais plongé dans l'univers de la série Casa de Papel, avec un "bolide" diffusant de la musique à fond et étant tapissé de dessins et de lumières clignotantes. J'étais monté dans un bus privé express. Au Sri Lanka, ce type de bus s'arrête brièvement et embarque un maximum de passagers en repartant aussitôt. Tout se joue en quelques secondes au bord de la route ou dans une gare routière. Pour régler, on ne paie pas en montant mais directement auprès d’un contrôleur qui circule dans l’allée et à qui l'on indique notre destination. Pendant près d’une heure, je me suis ainsi retrouvé seul touriste au fond de ce bus, bercé — ou plutôt secoué — à toute allure. Une expérience au parfum d’aventure, qui n’allait clairement pas être la dernière du voyage !

Une fois arrivé à Matale, une ville organisée autour d'une grande rue bruyante et dense, j'ai rapidement pris la décision de m'éloigner pour atteindre mon objectif, qui était niché dans un véritable écrin de verdure : le National Spice Garden of Sri Lanka. Changement radical d'ambiance lorsque mon tuk-tuk m'a déposé à l'entrée de ce jardin d'épices unique sur l'île. Géré par le gouvernement sri-lankais et ouvert aux visites depuis quelques années, ce jardin est bien différent des attrape-touristes parfois douteux qui ont essaimé dans la région. On le sait peu, mais le Sri Lanka est historiquement une terre d’épices, grâce à son climat tropical et ses sols fertiles. La région centrale de l'île – autour de Matale et Kandy – est particulièrement propice à leur culture. Pendant des siècles, ces épices ont attiré les commerçants arabes, puis les puissances coloniales européennes.

Étant le seul visiteur sur place au moment de mon passage, j'ai eu le privilège de participer à une visite guidée privée et gratuite menée par Kavita, une employée du jardin. Cette balade à travers le jardin d'épices fut passionnante. Grâce à ma guide, j'ai pu en apprendre beaucoup sur les usages des épices dans la cuisine sri-lankaise, mais aussi dans la médecine ayurvédique. Cette médecine traditionnelle originaire d'Inde est principalement basée sur l’équilibre du corps et de l’esprit grâce aux plantes et à l’alimentation.
Kavita m'a ainsi présenté la culture du poivre noir, de la cannelle, du clou de girofle, de la noix de muscade, du cacao (ce qui m'a rappelé des souvenirs du Costa Rica), ou encore du curcuma. J'ai aussi pu découvrir le difficile et long processus de pollinisation à la main, réalisé par l'homme, qui permet à la seule orchidée comestible de produire de la vanille. Enfin, Kavita m'a aussi montré des plantes utilisées pour les huiles essentielles ou la cosmétique, comme le vétiver et la citronnelle. À l'issue de cette visite très paisible et instructive, je suis allé acheter de la vanille, de la cannelle, du curcuma et du poivre noir à la boutique du jardin... à des prix défiants toute concurrence.
Pour quitter cet endroit isolé et repartir à Matale, je suis parvenu, au bout de quatre tentatives, à trouver un chauffeur de tuk-tuk sur PickMe, l'équivalent local de l'application Uber. Une fois de retour sur la route principale de la ville, je suis monté dans un bus qui m'a ramené à Dambulla. Arrivé à la gare routière, je suis monté à l’étage pour aller déjeuner dans un petit restaurant discret, le Lamtharuma Restaurant. Le service y était très attentionné et la cuisine réconfortante et savoureuse. Au menu pour moi : des nouilles végétariennes accompagnées de saucisses et d'un jus d'ananas bien frais.
Après le repas, je me suis rendu au Dambulla Economic Center, l’un des plus grands marchés de gros de fruits et légumes du pays. Ici, des producteurs de tout le Sri Lanka viennent chaque jour vendre leurs récoltes. L’ambiance y est intense : tuk-tuks, camions, pick-ups chargés à ras bord, allées bondées, montagnes de fruits exotiques, de légumes... Une effervescence permanente y règne, presque chaotique, mais fascinante à observer.
J'ai ensuite redescendu tranquillement la route principale de la ville pour rentrer me reposer à mon hébergement. En chemin, j'ai croisé des boutiques d’artisanat typiques, proposant des objets religieux et de la vannerie en osier. Lorsque je suis rentré, mon hôte m'a préparé un bon jus de fruits de la passion fraîchement cueillis dans son jardin. J'en ai profité pour échanger avec lui.
Pour le dîner, je suis retourné au Baappa’s Tasty Roti, où j'ai cette fois-ci savouré de bons rotis, des galettes à base de farine de blé, servies avec un dhal de lentilles et du pol sambol relevé. Ce mélange typiquement sri-lankais se compose de noix de coco râpée fraîche, de piment, d'ail, d'échalote et de jus de citron vert.

Mardi 10 mars 2026 – 9h45 :
Après un dernier petit-déjeuner à Dambulla, il était temps pour moi de prendre la route pour la prochaine étape du voyage : Sigiriya. Mon hôte m'a déposé en tuk-tuk à la gare de bus, où je suis monté cette fois dans un bus public rouge. Ils sont plus rudimentaires et moins rapides que les bus privés. Le trajet ne durait que 45 minutes et cela n'a donc pas du tout été un problème. Sur la route, les paysages défilaient : rizières à perte de vue, végétation luxuriante… Une belle transition vers ce qui m’attendait à destination.
Une fois déposé au bord de la route principale de Sigiriya, j'ai rejoint mon hébergement, le Sigiriya Paradise Inn. Dès mon arrivée, j'ai été littéralement plongé dans une carte postale, car l'hôtel donnait directement sur une rizière – dont le riz venait d’être récolté la veille – avec en toile de fond les deux célèbres rochers de la région : le Pidurangala Rock (à gauche sur la deuxième photo) et le Lion's Rock (à droite sur cette même photo).
Après avoir déposé mes affaires, j'ai traversé la route principale du village, pas très charmante et très touristique, pour aller déjeuner chez Soul Food. Le restaurant est niché dans un cadre magnifique et apaisant, au bord d'un lac offrant une vue directe sur le Lion’s Rock. Il propose une cuisine végétarienne fusion entre la cuisine sri-lankaise et la cuisine "occidentale". J'ai craqué pour des pâtes au pesto – mais version locale. Ici, pas d’huile d’olive : elle est remplacée par du lait de coco. Une revisite surprenante, mais très réussie. Le tout accompagné d'un bon jus d’ananas frais.
J'ai ensuite passé mon après-midi à l'Hotel Sigiriya, qui permet aux visiteurs extérieurs d’accéder à sa piscine pour quelques euros. Et quelle piscine ! La vue sur le Lion's Rock y est imprenable. Même si le soleil a joué à cache-cache avec les nuages, l'ambiance était parfaite pour se détendre. J'ai même eu la chance de voir défiler une grande famille de langurs gris se promener tranquillement sur les toits de l'hôtel. Une scène presque irréelle.

En fin d'après-midi, après m'être bien reposé, j'ai pris un tuk-tuk pour me rendre au Pidurangala Rock, en respectant une précaution importante ici. J'ai bien veillé à négocier un aller-retour avec le chauffeur, car la zone est connue pour ses éléphants sauvages agressifs, qui peuvent parfois s’approcher des routes une fois la nuit tombée. Même les locaux préfèrent éviter de circuler seuls à certaines heures. L'idée était donc de ne pas rester coincé sur place à la nuit tombée...
Le Pidurangala Rock est un rocher situé face au Lion’s Rock, souvent considéré comme son alternative plus sauvage. Le site a aussi une dimension religieuse : il abrite un ancien monastère bouddhiste et l’ascension débute par la traversée d’un temple. La première partie de la montée est plutôt tranquille, et s'effectue à travers la forêt, avec des marches en pierre. On atteint ensuite une grande statue de Bouddha couché en briques, puis un premier point de vue qui s’ouvre sur la jungle environnante. Une mer de verdure saisissante, légèrement enveloppée de brume.
La montée est devenue ensuite plus sportive et corsée, car sa dernière partie se faisait à travers des rochers, parfois étroits et escarpés. Il fallait grimper, s’aider des mains, trouver ses appuis. Rien d’impossible cependant et les visiteurs s'entraident. La vue spectaculaire dont on peut profiter une fois au sommet se mérite ! Étant arrivé avec un peu d'avance sur l'heure du coucher du soleil, j'ai pu contempler la vue sur le Lion's Rock et la jungle environnante presque seul pendant quelques instants. Ce paysage de carte postale, c'est souvent celui que l'on voit en premier lorsque l'on fait des recherches sur un voyage au Sri Lanka. Là, j'étais littéralement dans la carte postale et je voulais profiter au maximum de cet instant suspendu.

Après quelques minutes à méditer face à ce paysage, j'ai grimpé encore un peu, jusqu’à atteindre un immense rocher, comme un paquebot posé au-dessus de la jungle.
Depuis cette gigantesque dalle de pierre que j'ai adoré arpenter, la vue, baignée de la lumière du soleil couchant, était encore plus impressionnante: rizières, villages, lacs, jungle à perte de vue… et le silence, seulement troublé par le bruit du vent. Ce coucher de soleil fut l'un des moments les plus inoubliables de mon voyage.
J'ai entamé la descente avant la fin du coucher du soleil, car je ne tenais pas à rester bloqué dans les rochers le temps que les touristes redescendent, qui plus est dans l'obscurité. La traversée de la "route des éléphants sauvages" s'est ensuite faite sans encombre grâce à mon chauffeur de tuk-tuk. Je n'ai heureusement pas croisé l'ombre d'un pachyderme en chemin.
Pour le dîner, j'ai opté pour The Lion's Choice, un restaurant familial situé à deux pas de mon hôtel et proche de la route principale de Sigiriya. J'y ai savouré un rice and curry végétarien (légumes et lentilles). C'était un repas parfait pour reprendre des forces avant le réveil matinal du lendemain et l'ascension du Lion's Rock.

Mercredi 11 mars 2026 – 6h45 :
Le réveil a été bien matinal ce jour-là, car je voulais être à l’entrée du mythique Lion’s Rock dès l’ouverture, à 7h.

Bien plus qu’un simple rocher, le site abrite une ancienne citadelle royale classée à l’UNESCO et construite au Vème siècle. Son histoire est aussi fascinante que brutale. Après avoir renversé et tué son père pour s’emparer du pouvoir, le roi Kassapa Ier, craignant des représailles de son frère Moggallana, fit bâtir son palais au sommet de ce gigantesque monolithe de près de 200 mètres de haut, transformé en forteresse. Le site, déjà occupé par des moines bouddhistes, fut réorganisé pour les besoins du roi, les religieux étant déplacés vers le rocher voisin de Pidurangala (lieu de mon coucher de soleil de la veille).
Pendant près de vingt ans, Kassapa transforma le rocher en véritable chef-d’œuvre architectural. Il fit aménager à sa base des jardins royaux sophistiqués, qui marquent l'entrée du site et qui figurent parmi les plus anciens jardins paysagers d’Asie, intégrant bassins, canaux et un système hydraulique ingénieux capable d’acheminer l’eau jusqu’au sommet. Pensés pour émerveiller dès l’arrivée, ces jardins témoignent encore aujourd’hui du raffinement et de la maîtrise technique de l’époque. À cette heure matinale, une légère brume enveloppait le sommet du Lion's Rock, donnant à l’ensemble une atmosphère presque mystique.
J’ai ensuite entamé la montée contre les flancs du rocher. Des centaines de marches se sont enchaînées, dans une chaleur déjà bien présente et une humidité marquée. Le fait d’être venu tôt rendait cependant l’expérience bien plus supportable. Progressivement, la vue s’est dégagée, laissant apparaître la jungle environnante. À mi-chemin, j’ai atteint les impressionnantes pattes du lion, derniers vestiges de l'ancienne entrée monumentale imaginée en forme de gueule de lion par Kassapa pour marquer les esprits.
C’est ici que commence la dernière partie de l’ascension, avec des escaliers métalliques (le lion's staircase) suspendus dans le vide. Quelques panneaux mettaient également en garde contre la présence de frelons, rappelant qu’il valait mieux rester discret. Ils sont considérés comme les "gardiens" de la forteresse. Sensations garanties !
Après un dernier effort, j’ai atteint le sommet du rocher. Le soleil était désormais bien installé et la vue était imprenable sur toute la région. J'ai pu arpenter les vestiges du palais : fondations, bassins, terrasses… Autant d’indices qui permettent d’imaginer la vie à cette époque, perchée au-dessus de la jungle. La vue à 360 degrés était saisissante. J’ai reconnu le lac où j’avais déjeuné la veille, les jardins royaux de la citadelle, mon hébergement, la piscine de l’Hotel Sigiriya et même, au loin, la silhouette du Bouddha doré de Dambulla. Je faisais également face au Pidurangala Rock. Je suis resté de longues minutes là-haut, simplement à profiter de ces sublimes paysages.
Malgré cette forteresse impressionnante, le destin de son fondateur Kassapa bascula lorsque son frère, réfugié en Inde, revint avec une armée pour reprendre le pouvoir. Après une confrontation décisive, Kassapa fut vaincu. Selon les récits, il mit fin à ses jours sur le champ de bataille. Sa chute marqua la fin de Sigiriya comme centre de pouvoir. Il perdit progressivement de son importance et fut abandonné au profit d'une autre capitale, Anuradhapura, prochaine étape de mon voyage. La citadelle fut alors oubliée, avant d'être redécouverte au XIXème siècle par un archéologue britannique.
En redescendant, j’ai fait un détour par une petite cavité qui héberge les célèbres fresques des Demoiselles de Sigiriya, trop fragiles pour être photographiées. Ces peintures murales, remarquablement bien conservées et colorées, représentent les courtisanes de Kassapa et datent de plus de 1 500 ans.
En fin de matinée, j'ai quitté Sigiriya et pris un bus pour revenir à Dambulla. J'ai beaucoup apprécié cette parenthèse dans le village du Lion's Rock, qui a mêlé détente "au vert" et ascensions récompensées par des paysages spectaculaires que je ne suis pas prêt d'oublier.

Arrivé à la gare de bus de Dambulla, je suis retourné déjeuner au Lantharuma Restaurant, dont les nouilles sont devenues une valeur sûre, avant de poursuivre mon périple dans un second bus vers Anuradhapura, ancienne capitale du Sri Lanka.
Les deux heures de trajet ont été une expérience à part entière. À un moment, le bus a quitté la route principale pour traverser plusieurs villages. J’ai alors été le témoin privilégié de plusieurs scènes de vie rurale très authentiques : récoltes dans les rizières, sortie d’école avec des enfants en uniforme blanc, vendeurs ambulants montant dans le bus pour proposer fruits, snacks ou même livres.
À mon arrivée à Anuradhapura, j’ai rejoint en tuk-tuk ma maison d’hôte, le Blooming Resort. L’accueil était, une fois encore, aux petits soins. Ma chambre était très spacieuse et avait un balcon donnant sur une superbe piscine très attrayante. Après l’effort du matin, j’ai passé l’après-midi à m'y détendre, seul, avec en prime une petite cascade se déversant depuis un mur du jardin. Le paradis !

Pour contempler le coucher du soleil, je n'ai eu qu'à marcher quelques minutes pour me retrouver sur la rive du Nuwara Wewa. Ce réservoir artificiel, appelé “wewa”, fait partie des centaines de lacs construits dans la région il y a plus de 2 000 ans pour alimenter la ville en eau et irriguer les cultures, témoignant une fois de plus du génie hydraulique de l’époque. Sur place, quelques locaux se baignaient ou se lavaient, dans une ambiance paisible. Je suis resté en retrait, le temps d’observer le soleil disparaître lentement, teintant le ciel de nuances rosées. Au loin, les silhouettes des stupas de l’ancienne cité royale se dessinaient dans un axe parfaitement aligné avec le disque solaire évanescent. Un instant suspendu.
Mon hébergement étant situé dans un quartier résidentiel à l'écart de la bruyante "New Town" d’Anuradhapura, j'ai opté pour un dîner simple en commandant Pizza Hut via PickMe. Une conclusion gourmande à cette journée à la fois intense et contrastée, où j'ai pu vivre de nombreux moments magiques. Le lendemain, s'annonçait lui aussi très riche, car je m'apprêtais à plonger dans l'une des plus anciennes cités du monde et dans les racines du bouddhisme au Sri Lanka.
Jeudi 12 mars 2026 – 7h30 :
J'ai commencé la journée par un bon petit-déjeuner à ma guest house, lors duquel j'ai notamment pu goûter du lavarya, un dessert sri-lankais à base de fines nouilles de riz et garni de noix de coco râpée mélangée avec du sucre de palmier local.

Mon chauffeur de tuk-tuk et guide pour la matinée Prasantha est ensuite venu me récupérer pour m'emmener visiter l'ancienne cité royale d'Anuradhapura, qui est le berceau du Sri Lanka. La zone est tellement étendue qu'il est impossible de la parcourir à pied, c'est pourquoi il faut y être véhiculé ou s'y déplacer en vélo.

Bien plus qu'un site archéologique, l'ancienne cité royale est aujourd'hui l'un des sites religieux bouddhistes les plus anciens et les plus importants du pays. Fondée autour du IVème siècle avant notre ère, Anuradhapura fut pendant plus de mille ans la première grande capitale du royaume. Elle était alors un centre politique et surtout religieux majeur, au moment où le bouddhisme, introduit depuis l’Inde au IIIème siècle avant J.-C., s’enracinait durablement sur l’île. Là où cette religion a presque disparu en Inde avec le temps, elle s’est ici profondément ancrée, façonnant encore aujourd’hui l’identité du Sri Lanka.
Très vite, en parcourant les premières routes bordées d’arbres, où j'ai pu croiser des varans, des paons et des langurs gris, j’ai compris que je n’étais pas simplement en train de visiter des ruines, mais les vestiges d’une ville qui, à son apogée, comptait parmi les plus grandes et les plus influentes d’Asie du Sud. Anuradhapura pouvait accueillir des dizaines de milliers de moines, répartis dans d’immenses complexes monastiques. Les réservoirs d’eau, les systèmes d’irrigation et les structures de stockage témoignent encore aujourd’hui de cet âge d'or. Entre deux sites, la nature reprend constamment ses droits. On circule entre des stupas monumentaux, des colonnes de pierre et des bassins envahis par la végétation, avec cette sensation étrange d’être dans une ville à la fois disparue et toujours fréquentée par des touristes et des pèlerins.
Des vestiges comme ceux d’Abhayagiri Vihara rappellent l’ampleur de la vie monastique. Ce complexe était l’un des plus influents du monde bouddhiste, accueillant des milliers de moines et attirant même des érudits venus d’autres régions d’Asie. En parcourant les ruines des réfectoires et en observant les immenses réservoirs à riz, j'ai pu imaginer assez facilement le quotidien de cette communauté organisée presque comme une ville dans la ville. À l’entrée de certains sanctuaires, je me suis attardé sur des détails que j’aurais probablement ignorés sans les explications de Prasantha. Les pierres de lune, finement sculptées et situées à l'entrée d'un temple, symbolisent le cycle de la vie, avec ses différentes étapes, tandis que les pierres de garde représentent des figures protectrices chargées de veiller sur les lieux sacrés.
Le Jetavanaramaya a été l’un de mes premiers arrêts de la matinée. Ce stupa gigantesque dépassait autrefois les 120 mètres de haut et était, pendant l'Antiquité, le troisième monument le plus haut du monde après deux des trois pyramides de Gizeh. Elle symbolisait la puissance du royaume et l’importance du bouddhisme. Arrivé au pied du site, j’ai pris le temps de contourner le stupa comme le font les fidèles, en marchant pieds nus sur la dalle sacrée et dans le sens des aiguilles d’une montre. En levant les yeux, j’ai été amusé de remarquer que des macaques à toque avaient élu domicile sur la paroi de brique.
Un peu plus loin, le Ruwanwelisaya m'a offert une parenthèse très marquante. Grâce à Prasantha, j'ai pu me plonger dans les rites bouddhistes en observant les fidèles et les moines y prier ou y déposer des offrandes avec soin (riz, fleurs, fruits...). Ce stupa est un véritable trait d'union entre le passé et le présent. J'ai été fasciné de réaliser que les gestes n’y ont presque pas changé depuis plus de deux mille ans.
La statue du Samadhi Buddha m’a aussi offert un moment introspectif. Assis en méditation, le Bouddha semble presque respirer à travers la pierre. Son visage, d’une grande douceur, donne l’impression de changer selon la lumière et l’angle que l'on prend pour l'observer, oscillant entre sérénité et gravité.

Un peu plus loin, le stupa de Mirisawetiya doit son nom à une légende royale... liée au piment. Le roi Dutugemunu aurait un jour mangé un plat épicé, à base de “miris”, sans en offrir d’abord aux moines, ce qui était pourtant une règle essentielle dans la tradition bouddhiste. En réalisant son erreur, il aurait ressenti une véritable culpabilité et décidé de faire construire ce stupa comme un acte de repenti.

Juste à côté, le Sandahiru Seya, inauguré en 2021, rend hommage aux soldats morts pendant la guerre civile qui a ravagé le pays pendant près de 26 ans entre 1983 et 2009.

Le temple d’Isurumuniya a été l'avant-dernier stop de la matinée. Creusé dans la roche, il contraste avec les grands ensembles monumentaux de la cité royale et est plus intimiste. On y découvre aussi des sculptures délicates, comme celle des célèbres "Amoureux d’Isurumuniya", ainsi qu’un éléphant sculpté directement dans la pierre. Le lieu semble porter bonheur car j'ai pu observer des locaux tenter d'y jeter une pièce.
Ma visite s’est terminée au Sri Maha Bodhi, sans doute le lieu le plus sacré de toute la ville. Protégé et entouré de fidèles, cet arbre est bien plus qu’un symbole. Il aurait été planté au IIIe siècle avant J.-C. à partir d’une bouture de l’arbre sous lequel Bouddha a atteint l’illumination. Depuis plus de deux mille ans, il est entretenu et vénéré sans interruption, faisant de lui l’un des arbres les plus anciens au monde dont l’histoire est documentée.
Dans le bouddhisme, les arbres “Bodhi” occupent une place centrale : on en trouve d’ailleurs très souvent dans les temples à travers le Sri Lanka, chacun étant perçu comme un lieu de recueillement et de transmission spirituelle. Mais celui-ci reste unique, presque originel, et attire des pèlerins venus parfois de tout le pays pour y prier. En observant les offrandes et les gestes répétés des fidèles, j’ai pu prendre conscience de l’importance du bouddhisme dans la société sri-lankaise, une religion qui rassemble aujourd’hui près de 70 % de la population de l’île.

Avec le temps, Anuradhapura, capitale pourtant si prospère, a décliné, notamment à partir du Xème siècle, fragilisée par les invasions venues du sud de l’Inde. La capitale a été déplacée vers Polonnaruwa et la ville a progressivement été abandonnée avant d’être redécouverte bien plus tard. Aujourd’hui, elle conserve ce mélange unique de grandeur passée et de spiritualité toujours vivante, ce qui a rendu ma matinée aussi dense que marquante. Cette visite est à mon sens indispensable pour mieux comprendre l'histoire du Sri Lanka et mesurer l'importance du développement du bouddhisme sur l'île.
Avant de rentrer passer une après-midi en toute détente dans la piscine de mon logement, je me suis rendu chez Cargills, une grande chaîne de supermarchés locale, pour y faire quelques courses et y découvrir quelques produits locaux. Entre les énormes sacs de riz, les mélanges à hoppers, les fruits exotiques, les snacks pimentés et les biscuits au gingembre, j’ai aussi découvert le “curd”, un yaourt local très populaire. J'ai aussi eu un gros coup de coeur pour la version sri-lankaise de la "Vache qui rit", ici relevée au poivre. Un snack plaisir qui m'a accompagné tout au long du reste de mon voyage !
Le soir, mes hôtes m’ont préparé un délicieux et réconfortant rice and curry, avec des aubergines frites, des crudités, un dahl de lentilles, des crackers et un devil chicken particulièrement réussi. Ce poulet sauté, nappé d’une sauce épicée et légèrement sucrée avec des poivrons et des oignons, était à la fois relevé et terriblement addictif.

Je me suis endormi ce soir-là avec la tête encore remplie d’images et de souvenirs, entre les visages des fidèles croisés tout au long de la matinée et cette plongée fascinante dans les origines de l’histoire sri-lankaise. Le goût des épices de ce délicieux repas, préparé avec tant d’attention par mon hôtesse, prolongeait encore l’expérience. Je me sentais presque chez moi, au point de ne plus vraiment avoir envie de partir. Et pourtant, le voyage continuait le lendemain, car je devais mettre le cap sur la dernière étape du triangle culturel : Kandy.
Vendredi 13 mars 2026 – 8h30 :
Après un dernier petit-déjeuner à la guest house, toujours avec des hôtes aussi attentionnés, j’ai pris la route en direction de Kandy. Le trajet, d’un peu plus de trois heures, m’a fait repasser par Dambulla et certaines routes empruntées les premiers jours, non sans me procurer un peu de nostalgie.
À l’approche de Kandy, deuxième ville du pays, le changement d’ambiance était immédiat. Après les grands espaces du triangle culturel, la circulation se densifiait et se faisait plus bruyante. Derrière cette agitation, Kandy conserve pourtant une place à part dans l’histoire du Sri Lanka. Elle fut le dernier royaume indépendant de l’île, jusqu’à sa chute face aux Britanniques en 1815. Ce statut de dernière capitale royale lui confère une dimension symbolique, renforcée par son importance religieuse. Classée à l’UNESCO, la ville reste aujourd’hui un haut lieu du bouddhisme et de l’identité sri-lankaise.
Ma guest house, située dans un quartier résidentiel à proximité du charmant lac de Kandy, offrait heureusement un cadre plus paisible. J’ai justement commencé mon exploration du centre-ville par une balade autour de ce plan d'eau artificiel, construit au début du XIXème siècle par le dernier roi du royaume. Ce lac est sacré, et il est donc interdit de s’y baigner ou d’y pêcher, et ses rives offrent de superbes perspectives sur les collines environnantes et sur le Temple de la Dent. Malgré la proximité du centre, l’atmosphère y est étonnamment plus calme, presque suspendue.
En me rapprochant du centre, j’ai découvert une partie de l’héritage colonial britannique de la ville. Le Queen’s Hotel, avec sa façade élégante, en est l’un des symboles les plus visibles. Ancienne résidence du gouverneur, il témoigne de cette période où Kandy, après la fin du royaume, est devenue un centre administratif sous domination britannique. Même la reine Élisabeth II y a séjourné lors de sa visite sur l'île en 1954.
Pour le déjeuner, je me suis installé dans l'antenne kandyenne de Soul Food, restaurant que j'avais découvert au bord du lac de Sigiriya quelques jours plus tôt. Bien que le cadre était beaucoup moins charmant, j'y ai savouré un délicieux burger végétarien à base de patate douce.

Cette pause terminée, j'ai pris un peu de hauteur en montant jusqu’au Kandy View Point. De là, Kandy se dévoilait dans son ensemble, nichée entre des collines. Le lac, qui apparaissait au centre, était dominé par quelques édifices religieux situés dans les hauteurs de la ville. Ce point de vue était une belle carte postale de ce qu'est la géographie et l’âme de Kandy.
J'ai ensuite passé le reste de l'après-midi au jardin botanique royal de Peradeniya, qui se trouve à quelques kilomètres de Kandy. Créé à l’époque coloniale britannique, ce jardin servait notamment à acclimater des plantes venues du monde entier.
Aujourd’hui, c’est un immense et très agréable espace vert, à l’écart de l'agitation de la ville, où l’on se promène entre des allées de palmiers parfois hauts comme un immeuble de cinq étages, des pelouses ouvertes et des collections de plantes tropicales. J’ai particulièrement apprécié le jardin des fleurs et l’atmosphère générale du lieu, à la fois paisible et animée, avec des familles et des groupes d’enfants qui venaient profiter de l’endroit en fin de journée.
En me promenant, j'ai aussi vu des stigmates du cyclone Ditwah qui a durement frappé la région fin novembre 2025 et fait de nombreuses victimes.

En fin d’après-midi, je me suis dirigé vers le Temple de la Dent, l'un des sites les plus sacrés du pays. C’est ici qu’est conservée une relique majeure du bouddhisme : une dent de Bouddha, enfermée dans un reliquaire doré lui-même placé dans plusieurs coffrets imbriqués. Historiquement, la possession de cette relique était associée au pouvoir légitime sur le royaume, ce qui explique pourquoi elle a été si précieusement protégée au fil des siècles.
L'histoire de la dent est d’ailleurs marquée par de nombreuses péripéties à travers l’île. Introduite au Sri Lanka au IVème siècle, elle aurait été cachée dans la chevelure d’une princesse pour échapper aux conflits en Inde. Par la suite, au gré des invasions et des changements de capitale, la relique a été déplacée à plusieurs reprises, suivant les rois et les centres de pouvoir, d’Anuradhapura à Polonnaruwa puis jusqu’à Kandy. Un héritage qui résonne encore aujourd’hui : il n’est pas rare que les présidents sri-lankais, lors de leur prise de fonction, se rendent ici pour marquer symboliquement le début de leur mandat. Un clin d’œil fort à cette histoire où pouvoir politique et spirituel restent profondément liés.
Le temple, avec ses plafonds finement décorés de motifs de lotus et ses salles cérémonielles réparties sur plusieurs niveaux, dégageait une impression de grandeur et de sérénité. En arrivant à 18h30 pour la cérémonie de puja, qui a lieu trois fois par jour, j’ai été frappé par l’intensité de l’instant : les fidèles, silencieux ou murmurant des prières, déposaient avec soin des bouquets de fleurs devant le sanctuaire, tandis que l’odeur des encens flottait dans l’air et que des moines frappaient des percussions. L’atmosphère était à la fois solennelle et vibrante. Quand le reliquaire de la dent fut brièvement révélé, une vague de ferveur traversa la salle, palpable même pour les visiteurs. J’ai ressenti à ce moment un mélange d’émerveillement et de respect profond.
Ma visite du Temple de la Dent a ainsi été un autre moment fort d'immersion dans les rites bouddhistes sri-lankais.

Le soir, j’ai dîné dans un petit restaurant local caché dans un immeuble du centre, le Cafe KANDYAN Dish. J’y ai goûté un excellent kottu à la saucisse épicée, accompagné d’un jus de pastèque bien frais.

Je suis ensuite rentré à pied en longeant le lac, illuminé et encore plus calme qu’en journée.
C'est sur cette note de sérénité que s'est achevée la première partie de mon voyage. Pendant ces premiers jours sur l'île, j'ai eu le sentiment de remonter le fil de l'histoire du Sri Lanka, de ses origines antiques à ses derniers royaumes, tout en découvrant la place centrale du bouddhisme dans la vie quotidienne de la population. Une immersion riche, accompagnée de la découverte des délicieuses saveurs de la cuisine sri-lankaise et de magnifiques paysages mêlant rizières, vastes plaines et collines luxuriantes.
Le lendemain, je m'apprêtais à vivre un changement total d'atmosphère, en me dirigeant vers les montagnes du centre du pays, à la découverte de la culture du thé, une autre facette tout aussi emblématique du Sri Lanka.







































































































































































































































































































































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